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6月29日

Un témoignage benzodiazépines et alcoolisme iatrogène

Tout comme toi , je suis dépendant de cette drogue légale depuis très longtemps. En fait, il y-a 17 ans, j'ai été hospitalisé en hopital psychiatrique pour une grosse déprime ( je ne suis pas certain aujourd'hui que c'etait une véritable dépression sévère...). Durant cette hospitalisation, on m'a administré des doses massives de Tranxene 50 (Clorazépate) en injection intra- musculaire,  puis ensuite par voie orale. Très rapidement, je suis devenu dépendant de ce produit et je me suis vu augmenter les doses de façon considérable, cela durant des années. Comme l'explique très bien le dr Ashton, avec les benzo (surtout celles qui ont une demie-vie courte),  malgrés les prises régulières, on est constamment en manque, d'où l'augmentation des doses et ce cercle vicieux... Je n'ai jamais été dans le déni et pour commencer, j'ai tenter de diminuer ma consommation et j'ai commencé à pallier le manque, par la consommation d'alcool. Puis, le temps passant, j'ai accentué ma consommation d'alcool (dont les propriétés anxiolytiques sont très proches de celles des benzodiazépines) , tout en continuant à consommer des benzo, jusqu'à devenir complètement alcoolique. Je précise qu'avant  mes premières préscriptions de benzo, je n'avais jamais consommé,  tout comme toi,  de drogues illégales et j'avais même un dégoût très fort pour l'alcool, car j'avais le souvenir douloureux d'un père tyrannique sous l'emprise de l'alcool...
 
Il y-a un an (le 4 juin 2008), j'ai mis un terme à ce problème d'alcoolisme en prenant conscience que s'agissant de ce produit, il n'y-a aucune autre solution que l'abstinence totale et définitive. En dehors, de symptômes de sevrage physiques qui durent environ une semaine (tremblements, transpiration excessive etc..), depuis, je n'ai plus jamais ressenti l'envie irresistible de boire une seule goutte d'alcool, car ma motivation était très forte. Aujourd'hui, je ne pense même plus à ce produit et ma motivation reste intacte, car, je veux toujours garder à l'esprit l'image de "l'épave" que j'étais devenu. Lorsque je serais définitivement sevré des benzo, je m'appliquerais d'aiileurs la même ligne de conduite et le même raisonnement. Ne jamais oublier, l'état psychologique, les modifications de ma vraie personnalité, tout ce que j'ai pu perdre à cause de cette drogue,  sentimentalement, professionnellement et materiellement!
Environ un mois aprés mon arrêt de l'alcool, j'ai décidé de me sevrer brutalement des benzo également. Alors là , par contre, rien à voir avec la facilité que j'ai eu à arrêter l'alcool!!!  j'ai vécu l'enfer de la dépression durant 3,5 mois.  Avec entre autre,  tous les symptômes que tu as décris dans un de tes mails précédent. A l'issue de cette période, j'ai demandé à mon psychiatre qu'il m'en represcrive car cet enfer n'avait que trop duré et de nouveau, trés rapidement, avec ce phénomène de tolérance, j'ai dû augmenter les doses pour continuer à ressentir les mêmes effets. Je lui ai demandé s'il existait un moyen de se sevrer progressivement et il m'a répondu évasivement,  que le sevrage progressif était seulement préconisé pour les personnes qui en font une consommation  importante afin d'éviter les risques graves de convulsions. Mais qu'était-ce pour lui une consommation importante? sachant que j'en prenais de nouveau énormément;  et les convulsions sont-elles l'unique risque grave lié à l'arrêt brutal?  La dépression inhérente à ce sevrage "sec",  avec les idées suicidaires qui l'accompagne, ne sont elles pas non plus un risque grave? 
 
Bref, en désespoir de cause, par l'influence des médecins ou psychiatres et surtout par manque d'informations, pour la seconde fois, j'ai décidé de me sevrer brutalement,  en revivant le même enfer que lors du sevrage de benzo précédent. Puis, j'ai décidé de faire des recherches sur internet ( dont je dispose et que j'ai découvert il n'y-a que quelques mois),  pour voir s'il n'existait pas d'autre alternative que le sevrage brutal et savoir si d'autres protocoles existaient. Et puis comme toi, j'ai découvert ce site avec son aide en ligne et me suis rendu compte que je n'étais pas le seul à vivre l'enfer de cette drogue légale. C'est la raison pour laquelle, j'ai ressenti le même soulagement que toi, à savoir, que je n'étais pas "l'unique cas au monde" à ressentir un enfer par rapport aux benzo et qu'enfin des personnes pouvait entendre ce que je vivais et sans mettre en doute ma parole.
 
Jusqu'à présent, (et ça fait très longtemps que je fais part aux professionnels de la santé de mes problèmes avec cette consommation addictive), soit on augmentait mes doses ou bien, on me sommait d'arrêter brutalement. En fait, en France, les mêmes médecins qui nous ont prescrit et sur-préscrit ces molécules voudraient que l'on s'en sevre brutalement en pretextant que c'est nous qui adoptons une conduite toxicomaniaque et refusent de reconnaitre le syndrôme de sevrage.

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